London Calling: NFL International Series 2012

Pour les fans européens de foot US ayant quelques centaines d’euros/livres sterling à claquer, Londres était clairement la ville où il fallait se traîner ce week-end, la capitale anglaise accueillait en effet pour la sixième année consécutive l’« International Series » de NFL, autrement  dit le seul match de la ligue reine de football américain délocalisé en dehors des States.

Cette année l’affiche était partagée entre les Patriots de la Nouvelle-Angleterre et les Rams de  Saint Louis, une rencontre plus alléchante qu’elle ne pourrait y paraître au premier abord puisqu’au moment du coup d’envoi les « Pats « – en temps normal grands favoris – affichaient un bilan modeste de quatre victoires pour trois défaites, plutôt décevant pour les vice-champions du monde, tandis que de leur côté les Rams comptabilisaient trois victoires pour quatre défaites, un résultat plutôt honnête pour une équipe ayant fini avant-dernière au classement général de la saison passée. Bref un match de mi-saison assez prometteur pour deux franchises candidates potentielles aux playoffs.

Débarqué à Londres la veille du match j’ai eu l’occasion de prendre un peu la température et constater que les rues – glaciales avec le brusque changement de  température annoncé ce week-end – avaient été déjà envahies par des hordes de fans bien sûr majoritairement anglais, mais affichant un peu de toutes les couleurs de chacune des trente deux équipes de la NFL avec tout  de même une nette dominante de bleu blanc rouge très « Patriotique » (douce ironie lorsque l’on sait que le nom de l’équipe vient des colons anglais débarqués en Amérique du nord et s’étant rebellés contre la « maison mère » ce qui donna plus tard naissance aux… tadada Etats-Unis). Du reste l’ensemble avait bien plus l’air d’un grand rassemblement entre fans de ce sport plutôt que d’un « match rangé » avec les supporters des deux équipes d’un côté et de l’autre. Une ambiance conviviale et décontractée s’était donc établie à Trafalgar Square et tous les autres lieux de rassemblement.

Le samedi soir après une petite balade nocturne le long de la Tamise je rejoignais mon hôtel situé à Harrow, à moins de deux kilomètres du mythique « Wembley Stadium », là où se déroule chaque année la rencontre. Un petit conseil au passage pour tous ceux qui auraient envie d’assister aux prochaines éditions de l’événement : ne réservez pas votre hôtel comme moi la veille… à moins que vous ne soyez pas plus dérangés que ça par l’idée de vous farcir une demi-heure de métro pour atterrir dans la seule chambre libre, située à l’autre bout de la ville. (Mais en même temps vous n’êtes peut-être pas attardé mental, vous). Bon mais comme je l’ai dit l’hôtel avait le mérite d’être situé tout près du stade donc c’est de moindre mal, en revanche c’est assez pénible pour visiter Londres.

Le matin du match (dont le coup d’envoi avait lieu à dix-sept heures) je traîne un peu dans Hyde Park puis remonte jusqu’à Notting Hill mais comme ni Julia Roberts ni Hugh Grant ne sont dans les parages je trouve que le quartier craint, qu’il y a publicité mensongère et je décide donc aux alentours de quatorze heure de me rendre au stade afin d’assister aux animations pré-match mises en place par les organisateurs. L’endroit est déjà bondé et des milliers de « Brady » se massent avec des centaines de « Bradford » et de « Rodgers » au stand de bouffe. J’attrape un hamburger au poulet, une barquette de frite, un coca et une bud’ (ok c’est délicieusement cliché mais merde ça vous arrive souvent d’assister à un match de foot US une Bud Light à la main ?).

Je jette un œil à ce qui se passe du côté des stands d’animation. Un mini terrain a été reproduit et une troupe de danseurs est en train de faire des acrobaties dessus pendant que des mecs s’envoient des ballons par dessus la foule. Il est bientôt quinze heure et le stade ouvre enfin ses portes. Je m’engouffre dans l’enceinte après avoir été fouillé pendant cinq bonnes minutes par un vigile qui devait me trouver un côté un peu trop Irlandais ou Djihadiste (comme je suis blond aux yeux bleus j’hésite encore). Mon regard s’élève ensuite immédiatement vers l’imposante arche qui domine l’édifice… puis redescend vers le terrain. La surprise est alors de « taille », moi qui n’ai vu que des retransmissions télé, celui-ci me paraît être de dimensions tout à fait ridicules. Je me demande d’abord si pour des raisons techniques liées à Wembley lui-même (un stade pas vraiment prévu pour ce genre d’événement à l’origine) il a fallu le réduire puis je compte les lignes de yards et je m’aperçois avec stupeur que le compte y est. C’est donc si petit « en vrai ». A la télévision avec les objectifs grand-angle des caméras, le terrain a l’air de se dérouler sur des kilomètres avant d’atteindre la zone d’en but et les poteaux en Y. Je m’assois à ma place, pas très loin du bord de la pelouse et observe les échauffements des quelques joueurs déjà présents et tout équipés. Les kickers s’entraînent pour le moment avec leurs coaches personnels et sont bientôt rejoints par quelques joueurs de la ligne offensive pour s’exercer au « snap » (lorsque l’on engage la balle en la jetant entre les jambes après avoir gueulé des trucs incompréhensibles pendant plusieurs secondes). Le stade se remplit calmement et les joueurs continuent de défiler sur le terrain à tour de rôle (deux équipes d’une cinquantaine de joueurs cela prend de la place). Enfin, aux environs de quatre heure et demi tout le monde rentre dans les vestiaires pour un dernier speech d’avant match.

Les cheerleaders envahissent alors la pelouse et entament leur chorégraphie.

Le staff de l’événement se hâte ensuite d’installer une mini-scène de concert sur la pelouse et le groupe californien Train qui assure le « Pre-Game Show » commence alors à chauffer le public (mais pas trop non plus) en balançant son très radiophonique « Hey Soul Sister ».

Ils enchaînent sur deux ou trois autres chansons assez chiantes (de mon avis personnel) avant de tout remballer. Les choses sérieuses peuvent alors commencer.

Les deux équipes font leur entrée sur le terrain. Les hymnes états-uniens et anglais ne tardent plus à résonner, respectivement interprétés par Pia Toscano, participante de l’édition 2011 d’American Idol et la soprano Katherine Jenkins. Ca y est la foule est chaude, et croyez-moi messieurs dames ce n’est pas seulement à cause des cheerleaders qui se démènent aux quatre coins de la pelouse…

J’aperçois vaguement Robert Kraft le propriétaire de l’équipe de la Nouvelle-Angleterre qui salue quelques officiels dont le maire de Londres (très applaudi lors de sa brève allocution) puis les joueurs regagnent leurs bancs de touche respectifs tandis que l’équipe spéciale des Rams (qui a choisi à la pile ou face de commencer le match en attaque) se met en position pour recevoir. Gostkowski, le kicker des Patriots prend son élan et frappe…

…Et le match commence.

Et parlons en de ce début de rencontre, Saint Louis entame le premier quart temps de la meilleure manière possible avec un scoring drive : une magnifique passe de Sam Bradford a Chris Givens… touchdown, cinquante yards de folie pure. Le stade explose. Sur le banc, Bill Bellichick, le head coach des Patriots pique sans doute une petite suée. Dans les deux virages des tribunes des bannières de Saint Louis sont déployées…

Malheureusement la bonne surprise est de courte durée puisque Tom Brady riposte immédiatement en profitant d’une mésentente de la défense adverse pour inscrire à son tour un touchdown dès le premier drive sur une longue passe a un Brandon Lloyd totalement démarqué.

C’est le point de départ du long calvaire des Rams qui ne s’achèvera qu’avec le coup de sifflet de final et un résultat « embarrassant » de quanrante-cinq à sept en faveur des Patriots. Saint Louis malgré un début prometteur n’aura pas su tenir la charge face aux monstres offensifs que sont Wes Welker et Rob Gronkowski (dans leurs proportions respectives s’entend^^).

Tout cela mis à part le match fut somptueux et on sort de là heureux d’avoir pu assister à un tel événement.

Le mot de la fin : vive le football américain, vive la NFL, vive Londres, vive l’Eurostar, vive l’hôtel Harrow, vive Wembley, vive le maire de Londres et fuck Tom Brady et les patriots, ces mecs sont définitivement trop bons… : D

ps: désolé pour le titre de l’article mais c’était vraiment trop tentant et vous auriez fait pareil à ma place…

© 2012 Syd Vesper (texte et photos)

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