Trouver un bon titre de livre est souvent l’une des étapes les plus difficiles pour un auteur. Un titre doit attirer l’attention, donner une idée du ton, rester mémorable, intriguer sans tout expliquer, vendre le livre sans le réduire à un simple argument marketing. Certains auteurs cherchent un titre pour un roman, une nouvelle, un recueil ou un manuscrit pendant des semaines, parfois après avoir terminé l’écriture du texte lui-même. Cette vidéo propose une réflexion sur ce qui fait la force d’un titre de livre, à partir de nombreux exemples littéraires.
Un bon titre peut résumer une œuvre, créer une atmosphère, annoncer un personnage, désigner un lieu, installer une énigme, promettre une émotion ou au contraire tromper volontairement le lecteur. Certains titres racolent, certains mentent, certains révèlent une partie de l’intrigue, certains tiennent en un seul mot, d’autres s’étirent comme une phrase entière. L’objectif n’est pas de donner une méthode automatique pour trouver le titre parfait, mais d’observer comment les titres fonctionnent, pourquoi certains restent en mémoire et pourquoi d’autres paraissent faibles, trop vagues ou trop commerciaux.
La vidéo passe en revue de nombreux exemples de titres littéraires, en les classant par catégories : titres racoleurs, titres trompeurs, titres en un mot, titres à rallonge, titres métaphoriques, titres noms, titres lieux, titres écrits dans une autre langue, titres résumés et traductions françaises parfois très libres.
Une première partie s’intéresse aux traductions de titres de livres étrangers. Plusieurs cas sont étudiés : Norwegian Wood de Haruki Murakami devenu La Ballade de l’impossible, The Lightkeepers d’Abby Geni traduit en français par Farallon Islands, Other Voices, Other Rooms de Truman Capote devenu Les Domaines hantés, Fear and Loathing in Las Vegas de Hunter S. Thompson réduit à Las Vegas Parano, ou encore Kagi de Jun’ichirō Tanizaki passé par La Clef et La Confession impudique. La vidéo évoque aussi The Raw Shark Texts de Steven Hall, The Three Stigmata of Palmer Eldritch, Do Androids Dream of Electric Sheep? et A Scanner Darkly de Philip K. Dick, ainsi que le cas d’Agatha Christie avec Ten Little Niggers, And Then There Were None, Dix petits nègres puis Ils étaient dix. Un détour est également consacré à Extension du domaine de la lutte de Michel Houellebecq, traduit en anglais sous le titre Whatever.
La vidéo aborde ensuite les titres qui fonctionnent comme des mots propres à l’univers d’un livre : Les Guérillères de Monique Wittig, Ubik de Philip K. Dick, Neuromancer de William Gibson, Glamorama de Bret Easton Ellis, Carnes d’Esther Teillard et Simetierre de Stephen King. Ces titres sont souvent mystérieux avant lecture, mais prennent tout leur sens une fois le livre découvert.
Une section est consacrée aux titres en un mot, avec des exemples comme Occident de Simon Liberati, Dune de Frank Herbert, Ring de Kōji Suzuki, Ongaku de Yukio Mishima, Starfish de Peter Watts, Sérotonine et Soumission de Michel Houellebecq, Ice d’Anna Kavan et The Waves de Virginia Woolf. Ces titres montrent comment un seul mot peut suffire à créer une image, une tension ou une énigme.
La vidéo analyse aussi les titres métaphoriques : Anthologie des apparitions de Simon Liberati, Under the Volcano de Malcolm Lowry, Exquisite Corpse de Poppy Z. Brite, Cadavre exquis d’Agustina Bazterrica, Les Petites Amoureuses de Clara Benador, Confessions d’un masque de Yukio Mishima, The Year of Magical Thinking de Joan Didion, Rue des boutiques obscures de Patrick Modiano, Mort à crédit de Louis-Ferdinand Céline, Nightwood de Djuna Barnes, La Forêt sombre de Liu Cixin et A Clockwork Orange d’Anthony Burgess.
Une autre partie porte sur les titres composés de noms de personnages, de créatures, d’antagonistes ou de lieux. Sont notamment cités Hamlet, Macbeth, Dom Juan, Tartuffe, Anna Karénine, Mrs Dalloway, Lolita, Ingrid Caven, Thérèse et Isabelle, Jayne Mansfield 1967, Dracula, Moby-Dick, Frankenstein, Le Horla, Hannibal, Cujo, Christine, Ça, Medusa, Gormenghast, Tanger, Hotel Iris, Stanislas, Venises et Lunar Park.
La vidéo s’intéresse également aux titres écrits dans une autre langue que celle de l’auteur ou du livre : Intermezzo de Sally Rooney, Nada Exist, California Girls, Performance, Liberty et New York City Inferno de Simon Liberati, Out de Natsuo Kirino et Kitchen de Banana Yoshimoto.
Une vidéo sur la littérature, les titres de romans, les traductions de livres, les choix éditoriaux, les titres cultes, les titres ratés, les titres efficaces et la manière dont quelques mots peuvent changer la perception d’une œuvre.


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